Tractations autour de la primature en RDC

L’ ‘euphorie qui a entouré la récente transhumance des cadres FCC semble avoir pris un coup de froid depuis quelques jours. Il faut dire qu’ à l’Union sacrée la bataille et les vrais enjeux prennent désormais le pas sur les déclarations de façade.

Fini donc la simple formule « Nous adhérons à la vision du chef de l’État  » car en politique les intérêts comptent avant tout. Autant dire que ceux qui ont traversé entendent tirer leur épingle du jeu en arrachant de préfèrence un poste juteux.

Les choses ne sont pas aussi faciles qu’elles l’auraient pu l’être. Première inconnue de l’équation Union sacrée, c’est de toute évidence la nomination d’un premier Ministre qui apparaît de plus en plus comme un choix délicat voire Cornélien pour le Président de la République.

La short liste des primaturables varie ces derniers jours selon les considérations politiques ou même géopolitiques. Il semble évident, de ce point de vue, que la figure montante Guy Loando devrait revoir ses ambitions à la baisse, poussé au réalisme par l’élection du kwangolais Mboso au perchoir de l’Assemblée nationale.

Tout porte à croire que l’Est du pays pourrait heriter de ce poste stratégique. Moise Katumbi, l’un des grands actionnaires de l’Union sacrée se montrerait pourtant capricieux au point de rejeter l’offre présidentielle.

Les généraux venus gonfler les rangs de l’Union sacrée emportent visiblement dans leurs malettes des agendas individuels et ambitieux qui pourraient créer les premières fissures. Il est fort probable que la collaboration – méfiance risque de compromettre la suite de l’épopée Union Sacrée.

Moise Katumbi, jouant à moitié sur le nouvel échiquier politique, constitue une menace pour l’entourage stratégique du Président Tshisekedi qui est loin de sous-estimer l’oeil tactique du Président du Tout puissant Mazembe.

Il y a aussi, Jean-Pierre Bemba, leader du MLC et d’autres transfuges du FCC qu’il faut rapidement exclure de la liste de ceux qui entendent faire de la figuration. Le terrain est donc miné et il faudra y manoeuvrer avec tact et sagesse.

Bâtir un consensus sera la voie incontournable pour faire avancer les choses. Mission périlleuse dans un environnement où les perspectives de 2023 interfèrent dans les calculs politiques. Concevoir un programme gouvernemental commun et concrétiser les réformes insitutionnelles et électorales, ce sont les grandes montagnes qui attendent l’Union sacrée.

Antoine Masani