Passe d’armes entre Matata et Alingeti

Ce n’est qu’après mon départ, en décembre 2016, que des problèmes dans la gestion du Projet agro-industriel de Bukanga Lonzo ont commencé à émerger. Paroles d’Augustin Matata Ponyo qui s’est livré, le vendredi 12 février 2021 à la presse pour donner sa version sur une affaire qui fait grand bruit alors que l’Inspection Générale des Finances (IGF) est à la manœuvre.

Coriace, l’Ancien Premier Ministre a livré une communication sévère et argumentée, répondant point par point aux coups assenés par son ancien condisciple  d’Université, Jules Alingeti, connu pour être le visage de fer de l’IGF qui, de toute évidence, a jeté son « dévolu » sur l’homme à la cravate rouge.

Pour cet élu du Maniema, les huit insuffisances avancées par l’IGF ne résistent pas à la contradiction d’autant qu’il rappelle que c’est lui-même qui, à travers une lettre adressée à l’IGF le 26 août 2020, avait demandé l’audit de ce projet géré par le consortium sud-africain AFRICOM. Le voilà pourtant soupçonné d’être auteur d’un détournement, un statut plutôt embarrassant.

Dans sa communication, Matata Ponyo démontre, notamment, qu’il existait bel et bien une étude de faisabilité en lien avec le projet,  que le marché de gré à gré se justifiait pleinement dans le contexte qui entourait la mise en place de projet et qu’il n’existait aucune société écran pour se faire rémunérer indument.

Difficile de croire qu’un argumentaire aussi limpide puisse être  renversé et pourtant, certains observateurs ainsi que des proches de Matata Ponyo redoutent l’interférence politique qui, d’après certaines critiques, semble avoir élu domicile au sein de l’IGF sous le regard complice de Jules Alingeti dont le zèle suscite beaucoup d’interrogations.

La chute de Matata Ponyo aura sans doute un effet dévastateur sur le camp kabiliste qui semble s’être muré dans le silence. L’IGF ne s’en sortira pas intacte pour autant car il confirmera peut-être les craintes de ceux qui lui prêtent une motivation politicienne. Dommage donc pour la République.

Prudent et déterminé, l’ancien Premier Ministre a déjà menacé d’engager des poursuites judiciaires pour diffamation. La guerre entre les deux hommes s’annonce donc serrée dans un contexte politique volatile où les combattifs se donnent plus de chance de survivre.

Christian Mande