L'Union sacrée: un château de cartes?

Entre tweets intox et communication politique, il se lit, ces dernières heures, les premiers signes d’un malaise qui pourrait compromettre l’avenir de la coalition multicolore Union Sacrée. Il semble en effet que du côté de Ensemble pour la République de Moïse Katumbi, c’est la tiédeur qui gagne davantage du terrain. Difficile d’accorder les violons sur une partition politique visiblement brouillée par des schémas quasi indéchiffrables.

Depuis le discours fondateur du Président de la République, du mois de décembre 2020, l’Union sacrée a engagé son envol, prenant à son bord tous ceux qui repondraient présent à l’appel du numéro un congolais. Très vite, l’objectif avoué était de démanteler la majorité parlementaire FCC en recourant à la vieille recette de la carotte sans le bâton. Une partie de la classe politique congolaise a de toute évidence joué le jeu de la corruption se gardant d’avertir les nouveaux hommes forts que ce mauvais penchant était en réalité un couteau à double tranchant.

Union sacrée, coalion, concertation ou consultations, peu importe, les hommes politiques congolais flairent rapidement les mécanismes de partage du gâteau, c’est peut-être un instinct de survie politique. S’il faut faire des pirouettes spectaculaires, tant pis. Mais lorsque le partage ne ressemble plus aux prévisions, les caprices refont vite surface. c’est le prix du mercenariat politique.

La guerre des chiffres autour de la majorité parlementaire est peut-être bien loin de la réalité. Les mouvements de la classe politique congolaise peuvent dérouter les observateurs qui se figent sur certaines certitudes. Ainsi, ce n’est sans doute pas à l’occasion d’un banquet présidentiel que devrait s’apprécier le basculement ou non de la majorité parlementaire. La politique est plus pimenté que le plat du jour.

Déjà, le Nouveau Titanic Union sacrée, présenté comme le fleuron de puissance tshisekediste, tangue dans les eaux troubles. A son bord, plusieurs capitaines qui exigent leur part à la manoeuvre. La guerre des ambitions et des ego fait rage. Les transfuges du FCC qui auraient surestimer leur poids politique peuvent s’attendre à des surprises désagréables.

Du côté MLC, la fougue des premières heures semble s’être également atténuée. L’Union sacrée suscite donc des doutes et même des craintes car, pour plusieurs cadres de l’UDPS qui redoutent la disparition pure et simple de leur parti politique, l’Union sacrée est un château de cartes dont l’effondrement est prévisible. Le Président Felix Tshisekedi apprendra, Peut-être à ses dépens, que l’homme congolais que Joseph Kabila n’a pas pu changer n’a jamais quitté l’arène politique ; il s’est peut-être rapproché un peu plus du sommet de l’État.

Christian Mvuezolo