Prestation de serment des juges : une cérémonie en marge de la République

Le Palais du peuple a abrité, ce mercredi 21 Octobre 2020, la cérémonie de prestation de serment des juges constitutionnels nommés le 17 juillet dernier par le Chef de l’Etat. Ce rendez-vous républicain a pris une tournure particulière alors que le FCC a choisi de boycotter ce qu’il considère comme une dérive dictatoriale qu’il ne peut cautionner.

Tous les ingrédients d’un meeting politique étaient réunis, l’hymne national de l’UDPS, le « V » de la victoire affiché triomphalement par le Chef de l’Etat dans l’enceinte de la démocratie, envahi exceptionnellement par les militants de l’UDPS, particulièrement remontés contre le Président honoraire Joseph Kabila. Il ne manquait que le discours du leader de l’UDPS qui, semblait savourer son passage en force.

Ombre épaisse à ce tableau, le boycott spectaculaire des cadres FCC, invités par la Conférence des Présidents, le 20 Octobre 2020, à ne pas faire acte de présence à l’évènement du jour. Le spectacle d’une poignée de sénateurs et députés venus apporté un peu de réconfort à un capitaine que de nombreux observateurs ont trouvé déboussolé par les réajustements protocolaires embarrassants.

La Communauté Internationale dont la présence était fortement attendue, s’est montrée plutôt embarrassée et a préféré une présence timide difficilement capturée par les caméras de la RTNC qui collectionnaient tant bien que mal les visages non UDPS, tâche ingrate dans un palais dépouillé de sa référence républicaine.

Pour le reste, la brève cérémonie d’est déroulée, selon les termes protocolaires, en présence du Professeur Dr Eberande Kolongele, cible d’une fronde de conseillers du plais de la nation qui réclament sa tête pour incompétence. Ils devront imaginer une autre stratégie pour défenestrer celui que plusieurs observateurs accusent d’induire le chef de l’Etat en erreur.

Après la célébration partisane, la vie continue et les réalités sont là, dressés devant le Chef de l’Etat. La grogne des enseignants pris au piège d’une gratuité de l’éducation mal organisée, l’insécurité persistante, la crise sociale et économique laissent planer des craintes pour les prochaines semaines. Et là la Cour Constitutionnelle de Fatshi n’y pourra peut-être pas grand-chose.

André Nkembo