RDC:les réserves de change ont connu une baisse mensuelle de 12,92 % pour se situer à 700,0 millions de USD

Le Comité de Politique Monétaire s’est réuni, jeudi 08 octobre 2020, pour sa neuvième réunion ordinaire de l’année sous la présidence de Monsieur Déogratias MUTOMBO MWANA NYEMBO, Gouverneur de la Banque Centrale du Congo.

Le Comité a, au cours de ladite réunion, analysé l’évolution récente de la conjoncture économique tant au niveau national qu’international et échangé sur l’orientation de la politique monétaire au regard du contexte actuel.Il en a résulté ce qui suit :

Sur le plan international

L’impact de la Covid-19 sur le commerce mondial reste moins important qu’attendu. En effet, selon les prévisions de l’Organisation Mondiale du Commerce, la baisse du volume des échanges mondiaux en 2020 atteindrait 9,2 % contre une chute prévue en avril de 12,9 %. Il y a lieu de relever que les échanges commerciaux se sont redressés en juin et juillet, suite à la levée des mesures de confinement, à l’accélération de l’activité économique ainsi qu’à la hausse de la demande en matériel médical et de protection liée à la pandémie de Covid-19.

Cependant, cette reprise sera plus lente, en raison de la conjoncture économique incertaine. En effet, l’élan économique observé depuis la fin du confinement pourrait être brisé par la recrudescence des cas de contamination. Comme depuis le début de la crise sanitaire, c’est l’évolution de l’épidémie qui devrait en grande partie conditionner celle de l’activité économique dans les prochains mois.

Pour rappel, les dernières projections de croissance mondiale, de la Banque mondiale, de l’OCDE et du FMI tablent sur une contraction de l’activité économique mondiale, respectivement de 5,2 %, 4,5 % et 4,9 % en 2020
En ce qui concerne les cours mondiaux des matières premières, ceux de l’or et du pétrole ont évolué autour d’une moyenne mensuelle de USD 1.926,88 l’once et USD 41,8 le baril, soit des baisses mensuelles de 2,18 % et 7,13 %.
Par contre le cours du cobalt et du cuivre sont en hausse de 1,74 % et 4,2 %, d’un mois à l’autre, s’établissant à USD 34.188,2 la tonne métrique en moyenne et USD 6.717,7 la tonne respectivement.

Sur le plan national

La contraction de l’économie congolaise devrait être moins forte que celle estimée à fin mars, attestée par un taux de croissance de -1,7 % en 2020, sur base des réalisations de la production à fin juin 2020, contre une estimation de -2,4 % à fin mars dernier. Cependant, le solde global brut d’opinions des entrepreneurs a poursuivi son redressement au mois de septembre dernier pour s’établir à 4,1 % contre -6,1 % enregistré au mois d’août 2020, attestant un regain de confiance des chefs d’entreprises quant à l’évolution de la conjoncture à court terme.

Le marché des biens et services a été caractérisé par la poursuite de la désinflation. En effet, le taux d’inflation est tombé à 0,293 % au mois de septembre 2020 contre 1,256 % en août 2020. Cette situation a porté l’inflation en cumulée annuelle à 13,948 % et à 15,571 % en glissement annuel. Pour rappel, l’objectif d’inflation à moyen terme poursuivi par la BCC reste à 7,0 %.
Sur le marché des changes, il a été noté la poursuite de la stabilité sur les différents segments au mois sous analyse. En effet, en septembre, la monnaie nationale a enregistré une dépréciation mensuelle de 0,01 % à l’indicatif et 0,16 % au parallèle. Les taux de change se sont situés à 1.961,10 CDF le dollar US et 2.014,17 CDF respectivement. En rythme cumul annuel, il s’observe une dépréciation de 14,69 % et 14,32 % du franc congolais respectivement à l’indicatif et au parallèle.

En ce qui concerne les réserves de change, elles ont connu une baisse mensuelle de 12,92 % par rapport à fin août 2020 pour se situer à 700,0 millions de USD, à fin septembre dernier, niveau correspondant à 2,5 semaines d’importations de biens et services sur ressources propres.

Cette consommation des devises est attribuable aux différentes interventions opérées par la Banque centrale pour atténuer les pressions sur le marché des changes.

En ce qui concerne les finances publiques, les opérations financières de l’Etat se sont soldées par un déficit de 97,8 milliard de CDF, résultant des recettes de 675,4 Milliards et dépenses de 773,3 milliards. Il y a lieu de relever que les ressources tirées de l’appui budgétaire de FMI, soit 132,5 milliards de CDF ont permis non seulement de financer ce déficit, mais également de rembourser les Bons du Trésor.

S’agissant du secteur monétaire, la situation monétaire provisoire renseigne une légère augmentation de la base monétaire de 1,6 % par rapport à fin août 2020, se situant à 3.527,0 milliards de CDF, expliquée principalement par la hausse crédit net à l’Etat. L’encours du Bon BCC s’est établi à 12,5 milliards de CDF à fin septembre 2020 contre 6,0 milliards le mois précédent, dégageant une ponction mensuelle de la liquidité de 6,5 milliards.

Dans ce contexte de stabilité et tenant compte de facteurs tant interne qu’externe pouvant affecter négativement la stabilité du cadre macroéconomique, le Comité de Politique Monétaire a décidé de maintenir inchangé les dispositifs actuels de sa politique monétaire.
Ainsi, le taux directeur demeure à 18,5 %, les coefficients de la réserve obligatoire sur les dépôts en devises à vue et à terme sont maintenus respectivement à 13,0 % et 12,0 % et ceux pour les dépôts en monnaie nationale à vue et à terme à 0,0 %. La régulation de la liquidité se poursuivra avec le Bon BCC.

Toutefois, le Comité de politique monétaire recommande le strict respect du pacte de la stabilité et se tient prêt à utiliser tous les instruments de la politique monétaire, en cas de besoin, afin de préserver la stabilité du cadre macroéconomique.

Deogratias Mutombo Mwana Nyembo, Gouverneur de la Banque Centrale du Congo