RDC: Restriction croissante des Droits sous l'administration F. Tshisekedi (HRW)

L’administration du président Félix Tshisekedi en République démocratique du Congo a sérieusement restreint les droits humains en 2020. D’après le rapport de Human Rights Watch du lundi 21 juillet 2020, les autorités congolaises ont réprimé des détracteurs pacifiques, des journalistes et des membres de partis politiques, tout en utilisant les mesures de l’état d’urgence mises en place en raison de la pandémie de Covid-19 comme prétexte pour limiter les manifestations politiques.

« Les avancées en matière de droits humains observées pendant la première année de mandat du président Tshisekedi semblent rapidement se dissiper » a expliqué Thomas Fessy, chercheur principal pour la RD Congo chez Human Rights Watch. » Tshisekedi devrait faire marche arrière et mettre un terme à cette répression croissante de la liberté d’expression et de réunion pacifique ».

Depuis janvier, Human Rights Watch dit avoir documenté au moins 39 cas de menaces et de harcèlement liés à la liberté d’expression et à la liberté de la presse dans la moitié des 26 provinces du pays. Dans 17 de ces cas, des personnes ont été arrêtées ; deux d’entre elles sont toujours derrière les barreaux. Au moins 11 personnes ont été arrêtées pour des chefs d’accusation d’« outrage à l’autorité », ceci incluant des gouverneurs de province, des députés et, dans un cas, le président. Sur les 19 journalistes ayant fait l’objet de harcèlement, 8 ont été arrêtés.

Depuis mars, rappelle le communiqué, lorsque le gouvernement a interdit les rassemblements publics de plus de 20 personnes en vertu de l’état d’urgence décrété pour endiguer la propagation du Covid-19, les forces de sécurité ont fait usage d’une force excessive et létale pour briser les manifestations et disperser les foules.

« Les autorités devraient enquêter sans tarder sur l’utilisation de la force létale lors des manifestations de Kinshasa et Lubumbashi, a déclaré Human Rights Watch.

Le gouvernement congolais devrait continuer à respecter les droits à la liberté d’expression, d’association et de réunion pacifique, a ajouté Human Rights Watch. Lorsque des violations graves se produisent, le gouvernement a l’obligation de mener des enquêtes rapides et impartiales et de prendre les mesures disciplinaires ou légales appropriées, quels que soient le rang ou la position des personnes responsables.

Toutes les poursuites sans fondement à l’encontre des journalistes et des détracteurs pacifiques devraient être abandonnées, a interpellé Human Rights Watch. Le gouvernement devrait aussi prendre des mesures concrètes conformément aux instruments régionaux et internationaux des droits humains pour protéger les journalistes et respecter la promesse de Félix Tshisekedi de faire « véritablement » des médias un « quatrième pouvoir ».

Clément Muamba

Laisser un commentaire

avatar
  Souscrire  
Notification de