Massacre des bakata Katanga, un crime contre l'humanité

Le 28 mars 2020, Lubumbashi a été le théâtre d’une répression sanglante, par les FARDC, des présumés bakata Katanga, marchant paisiblement en file indienne et disposant d’une force létale plutôt ridicule à savoir quelques grigris. Cette boucherie largement diffusée dans les réseaux sociaux a profondément choqué l’opinion.

Le recours à l’usage disproportionné de la force laisse croire que tout était prémédité pour achever lâchement des jeunes qui auront commis comme seul crime celui d’exprimer paisiblement leurs convictions. Les traitements inhumains réservés à ceux qui agonisaient et aux prisonniers ne peuvent laisser indifférent.

Pour le juriste pierre Musinda, ces images horribles dérangent parce qu’elles heurtent la sensibilité humaine et qu’elles constituent des preuves accablantes et irréfutables de violations de droits de l’homme. C’est un crime contre l’humanité qui restera attaché au pied de Fatshi comme un boulet de bagnard, poursuit-il. Le régime actuel révèle peu à peu son véritable visage; une machine à tuer, martèle t-il.

Et pourtant le 24 janvier 2019, lors de la cérémonie de passation de pouvoir, Félix tshisekedi se voulait le protecteur du droit et de la vie. Très vite, quelques portes de cellules de prison, soigneusement choisies, ont été ouvertes, créant l’illusion d’une révolution droit de l’hommiste. On a même cru, un moment, que les contre-performances enregistrées depuis une année ne toucheraient pas le pilier des droits de l’homme, fierté de Fatshi. Erreur fatale !

Ce qui s’est passé à Lubumbashi, le samedi 28 mars 2020 est tout simplement intolérable. Serait-ce une volonté pour Fatshi de régler ses comptes avec l’histoire et de venger ses frères du Kasaï ? Les enquêtes que plusieurs observateurs reclament déjà en diront davantage.

Ainsi, dans son communiqué du 28 mars 2020, le panel des experts de la société civile qui exige des enquêtes, exhorte les FARDC à respecter leurs règles d’engagement et à ne pas recourir à l’usage disproportionné de la force.

Quoiqu’il en soit cette dérive constatée risque, de toute évidence, de coûter extrêmement cher au régime en place et de nourrir les rancœurs dans le haut Katanga déjà miné par une cohabitation de plus en plus difficile entre les communautés locales et les populations originaires du Kasaï.

Paul kyoni

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