Qui tire les ficelles de l’affaire Atou Matubuana ?

Affaire Atou Matubuana

Un Gouverneur coriace mais embourbé dans un scandale sexuel de bas étage, une Province divisée à l’image de son Assemblée Provinciale minée par des allégations de corruption et une plateforme politique, le FCC, qui tient mordicus à préserver les valeurs de son engagement idéologique et du service républicain.

Tous les ingrédients seraient donc réunis pour faire éclore « l’affaire politique du moment ». Sauf qu’il faut percer les apparences et comprendre les enjeux autour d’un dossier qui n’a pas encore cessé de dévoiler ses secrets les plus profonds.

En réalité, observe un analyste politique, les faits reprochés à Atou Matubuana sont d’’une telle gravité  que la démission de ce dernier ne devrait même pas faire l’objet  de débats. Le Gouverneur doit saisir cette opportunité pour afficher le peu de grandeur qui lui reste après avoir déshonoré la plus haute fonction du Kongo-Central, poursuit-il.

La famille politique du Gouverneur, le Front Commun pour le Congo, Première force politique du pays, s’est récemment montrée impitoyable en exigeant la démission du duo de la honte, question de ne pas compromettre ses valeurs et surtout de préserver son capital sympathie grandissant au sein de la population congolaise.

Pourtant Matubuana s’entête en criant à la cabale montée de toute pièce par des mains noires qui opéreraient à partir du FCC oubliant que pour de nombreux observateurs, le roi des montages, pour l’instant, c’est lui qui n’a pas hésité, une seule seconde, à offrir en spectacle son adjoint pris au piège de sa désormais complice et tumultueuse Mimi.

Une mission du FCC récemment dépêchée au Kongo Central aurait été présentée comme une expédition punitive envoyée par le Coordonnateur National du FCC, le professeur Néhémie Mwilanya, contre le numéro un provincial. Ridicule, s’offusque un cadre Ne Kongo du PPRD qui estime que le FCC  voulait simplement s’enquérir de la situation sur place sachant qu’il y avait une désinformation grandissante au sein de l’opinion.

D’ailleurs, poursuit le cadre,  le FCC pouvait simplement  radier Matubuana et c’en serait fini pour lui sans qu’une équipe soit dépêchée à Matadi. L’objectif n’est pas de détruire mais de préserver des valeurs qui font aujourd’hui la force de notre plateforme.

Et ce vote à l’Assemblée Provinciale, n’est-il pas un échec essuyé par le FCC ? Les langues se délient et les dessous de cartes remontent brutalement. Un groupe de députés FCC qui ont requis l’anonymat, craignant sans doute la foudre de leurs chefs de regroupements, regrettent l’attitude ambivalente de certains hauts cadres qui font une chose et son contraire.

Au fait, de sources concordantes, certains « éléphants » de la plateforme de Joseph Kabila seraient dans la seule logique d’anéantir le Coordonnateur National du FCC à qui l’on reprocherait de renforcer cette grosse machine politique  dont il semble maîtriser les entrées et les sorties. Ne pouvant pas détruire la confiance que lui réserve l’Autorité Morale, ses adversaires ont tout simplement choisi de le détruire directement.

Et voilà que survient cette histoire de fuite de vrai faux rapport de mission dont le contenu accable, assez curieusement,  la coordination du FCC. La guerre devient donc sournoise et Atou Matubuana le sait, il aurait donc choisi de se cramponner à ceux qui en veulent au prof espérant que la chute de ce dernier engendrerait son salut.

Un Président d’une ligue des jeunes du FCC  regrette que Néhémie Mwilanya, fidèle des fidèles à Joseph Kabila, fasse l’objet d’autant d’antagonisme par ceux qui digèrent difficilement les récentes impulsions de Kingakati pour un renouvellement de la classe politique.

Entre temps, le prof reste silencieux comme à son habitude, occupé à mobiliser davantage autour du FCC surtout que rien ne semble briser la solidité de cette première force politique en RDC.  Ce qui laisse dire à plusieurs que tous ceux qui tirent les ficelles derrière Matubuana commettent une sérieuse erreur d’appréciation qui n’aboutira à rien.

Corentin Malengo

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