Félix Tshisekedi parle des quinze millions de dollars.

Félix Tshisekedi entretien TV5 monde

Où sont passés les 15 millions de dollars, et encore et toujours. Décidément, difficile d’échapper à la question du moment même au cours d’une interview de TV5MONDE dont la philosophie semble être de présenter fatshi sous ses plus belles couleurs.

Souriant, détendu, plutôt diplomate, Félix Antoine Tshisekedi sait que c’est une entrevue qui compte là bas et partout. Il distribue les mots succulents à chacun de ses publics cibles, conscient qu’il a une chance inouïe de mieux communiquer et de couronner son séjour européen d’un éclat qui lui manquait jusque là malgré ses nombreux déplacements officiels. L’homme semble désormais plus à l’aise d’autant qu’il intègre très justement dans son propos,les équilibres imposés par la coalition FCC-CACH.

Ce qui devait ressembler à un parcours que ses proches voulaient sans faute, a pris les allures d’un cross sur un terrain défiguré encombré cette fois ci par un obstacle qui s’appelle 15 millions de dollars. Il faut plus que du génie pour renverser ce bloc de granite alors que la lutte contre la corruption a toujours été le discours officiel.

Pour Fatshi qui conserve inébranlable sa confiance en Vital Kamerhe, coupable désigné, à tort ou à raison, de la grosse magouille, c’est clair, il n’y a pas de détournement mais bien une retro commission des 15 millions de dollars. Le mot est donc trouvé mais le mal persiste; aucune trace de ce pactole ! Dure réalité donc pour les congolais qui attendent la vérité.

Je regrette que le chef de l’état ait choisi de parler brutalement de ce dossier en se contredisant, déplore un fervent activiste de la société civile qui a requis l’anonymat. Tantôt il affirme attendre les conclusions de la justice, tantôt lui même qualifie les faits à sa manière, poursuit il. Il s’exprime après un long silence jugé inquiétant et qui ne laissait planer aucun doute quant à son soutien désormais indéfectible à son directeur de cabinet, observe un analyste politique attaché à une grande chancellerie de la place.

Il semble donc que VK sauve sa tête mais l’image de la présidence en ressort ternie, elle qui choisit de requalifier des faits graves en retro commission. Il est, par ailleurs, fort probable, que le nombre de retrocommissionnaires connaisse, dans les prochains jours, une croissance fulgurante dans tous les secteurs juteux de l’état.

Le peuple attend un bâton alors qu’on préfère parler de carotte du côté de la présidence qui refuse de fouiner dans le passé. Sage décision car le passé récent risque de révéler une gestion calamiteuse des finances publiques. Fatshi doit réagir car son credo est terriblement menacé devant tous y compris les occidentaux qui savent faire la différence entre un accueil protocolaire et les intérêts de politique interne qui s’accommodent difficilement avec des allégations de corruption.

Berbard Tshamala

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