Félix Tshisekedi : Entre ombre et lumière

Felix Tshisekedi président RDC
Le 24 janvier 2019, le monde découvre la RDC sous son jour d’alternance et de jubilation démocratique. Le pari de Joseph Kabila est tenu, n’en déplaise aux annonceurs friands d’échecs africains. Félix Tshisekedi, émerge ainsi brutalement sur le devant de la scène politique, lui qui a longtemps été tapis dans l’ombre d’un père presque omniprésent.

Huit mois après sa prise de pouvoir, ils sont nombreux ceux qui prétendent déjà avoir cerné le modus operandi de l’homme le plus élevé du pays, alors que jusqu’à son retrait du sommet, Joseph Kabila est resté impénétrable, couvert d’une ombre de mystère qui continue de nourrir son mythe.

Préférant manifestement la lumière à l’ombre, le Chef de l’Etat, affiche une toute autre posture ; fini donc la carence de communication tant décriée par le peuple encore nostalgique des élocutions mobutistes ; lui, se dévoile en discoureur abondant, entouré d’un bataillon de communicateurs qui veillent au grain même si il leur est souvent reproché d’abuser des réseaux sociaux, leurs meilleurs alliés.

Fatshi sait que les jours d’un mandat présidentiel sont toujours comptés, il faut donc exister très vite pour réussir, murmurent les mauvaises langues, à éteindre, encore plus vite, l’image du Baron de Kingakati, en RDC et dans le monde. Les voyages s’accumulent, les photos avec les grands et les puissants du monde également. Hymnes nationaux retentissants, tapis rouges, mondanités diplomatiques, il vit à plein poumons les délices de la gloire.

Il se veut plus proche du peuple dont il redoute la fureur de vaincre ; selfies et accolades chaleureuses avec le Président de la République se distribuent gratuitement sur le net. Il peut jubiler, le porte étendard du peuple d’abord.

Le peuple de 2019, fait mieux qu’écouter, il compte les promesses du nouveau Chef, devenues légions ; il s’impatiente et refuse de danser une autre tango à contre temps. Il sait que les dirigeants sont sous la lumière, il les a parfaitement à l’œil.

La lumière est belle mais elle expose et fini par ternir l’image, rétorque un observateur qui suit la vie politique congolaise depuis plus de 40 ans. Voilà que le Congo tout entier se rend compte aujourd’hui des carences du cabinet du Président de la République. Les linges sales se lavent désormais en public sous la lumière évidemment. Les pratiques jadis condamnées sont devenues monnaie courantes.

Les bourdes diplomatiques, se font aussi sous les projecteurs et caméras du monde entier, regrette un farouche adversaire au Président de la République. La RDC, poursuit-il, ne mérite pas une telle débâcle dans le concert des nations. Il ne comprend d’ailleurs pas, pourquoi le Président élu a préféré se défaire de l’expertise kabiliste qui était au palais de la nation et qui maîtrisait les dossiers.

L’ombre est silencieuse mais elle a aussi ses vertus loin des applaudissements frénétiques d’un peuple qui peut se montrer aussi changeant que le vent. Attention à l’ivresse du soleil ! De ce point ce point de vue, Joseph Kabila, pourrait être un repère de sagesse.

Dans le silence il a engagé les cinq chantiers, la révolution de la modernité, la défense de la souveraineté du pays, la démocratie et l’alternance. Peu importe qu’il ait été célébré ou pas, l’ombre lui a appris que ce que l’on fait est plus important que ce que l’on dit.

L’arrivée de Ilunga Ilunkamba, chargé de gouverner, est un appel à l’ombre qui s’offre à Félix Tshisekedi. Il pourra mieux réajuster et mieux impulser en occupant la place de l’entraineur plutôt que celle de joueur fût-il le meilleur dribbleur. En retrait, il trouvera les ressources nécessaires pour mieux saisir les attentes du peuple à qui il a suffisamment promis.

Dorcas Ilunga

Laisser un commentaire

avatar
  Souscrire  
Notification de