Hors-jeu sifflé contre Modeste Bahati Lukwebo

Bahati Lukwebo FCC -Cach

Dans un communiqué rendu public hier, la plateforme AFDC-A  a exhorté son président et autorité morale, désormais « libéré » de toute pesanteur, de se lancer dans des négociations politiques avec le chef de l’Etat d’abord et les présidents des deux Chambres du parlement en suite. Le tout, dans la perspective de la formation du futur Gouvernement.

Cette déclaration est clairement un cri de détresse. Bahati vient de réaliser à quel point il a perdu toutes ses mises dans un jeu politique extrêmement volatile où la moindre erreur peut coûter tous les efforts d’une vie. Un cri de détresse subtilement déguisé sous les apparences d’un appel du pied, mais qui en dit long sur le désarroi du personnage.

Avec l’officialisation de la coalition FCC-CACH, la scène politique congolaise vient de changer complètement de configuration : elle devient un championnat dont la division d’honneur est exclusivement réservée à deux familles politiques. Pour accéder à la compétition, il faut impérativement être affilié à l’une des deux familles. Or c’est justement à la veille de ce changement bouleversant, et par étourderie que Bahati s’est laissé exclure de la division d’honneur à laquelle il appartenait naturellement. Son équipe se retrouve subitement déclassée. Il faudra attendre la fin du championnat, 5 ans, pour tenter de revenir en ligue d’honneur.

Confusion

L’ex-ministre du Plan a si bien compris le jeu et les enjeux. D’où sa campagne de séduction en direction de CACH et du FCC. Manière de dire : j’ai de la bonne marchandise à vous proposer, acceptez-moi, je gonfle vos effectifs pour CACH et reprenez-moi, je peux encore servir comme le fils prodigue, au FCC.

Tout homme averti sait que ce jeu de rattrapage relève du domaine de l’impossible.  La répartition des portefeuilles entre les deux familles politiques est déjà consommée. Le jeu se trouve fermé. Avec la transmission des listes des noms pour les différents maroquins, il n’y aura plus de place pour un seul larron en foire.

De mémoire de Congolais, jamais un acteur qui vient de perdre tous ses titres politiques en bourse n’a été récupéré de justesse. La consistance toujours jugée insuffisance de la pitance à partager dans chaque camp ne permet même pas d’accorder un moindre regard aux nouveaux convives qui frappent à la porte. Sauf miracle, on vous demande poliment de prendre d’abord le train avec le groupe et d’attendre la prochaine gare pour voir si une opportunité peut se présenter à vous. Au FCC, il n’est pas évident que la morale de l’enfant prodigue fasse mouche. Tout reste cependant possible sur la scène politique congolaise.

De ce douloureux épisode, Bahati aura appris à ses dépens combien notre terrain politique est l’un des plus glissants au monde. Il ne suffit pas d’exprimer les ambitions. Il faut plutôt savoir les gérer en suivant à la loupe le contexte et surtout les enjeux.
Il est vraiment déplorable de voir qu’un vieux routier de la classe politique n’ait su interpréter efficacement l’histoire, le contexte et les enjeux de l’heure. Quand un vent se met à tourner sur la scène politique nationale, il est impérieux de connaître avec précision où il va avant d’improviser une action.
En effet, dans l’hypothèse où il prend un sens complètement inverse à vos options il vous emporte avec lui. Comme il est en train de le vivre en ce moment.

Magg Mikombe

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